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Mode d’emploi : Comment prouver son ascension dans les Alpes ou en Himalaya ?

Comme le raconte Jerzy Kukuczka lors de son ascension avec Andrzej Czok de l’everest : « J’ai rapporté de là-haut le drapeau laissé par les basques quelques jours auparavant ».

Je me souviens « Avez-vous vu la corde marron que nous avons laissée au sommet ? » m’avaient demandé des coréens qui avaient fait le sommet du Nanga Parbat de nuit.

Pierre Beghin qui laisse son altimètre au sommet du Kangchenjunga pour que son ascension ne soit pas contestée, et Reinhold Messner obligé de refaire l’ascension de l’Everest sans oxygène pour que tout le monde le croie, les exemples abondent…

 

Tout d’abord il faut discerner l’enjeu de l’ascension :

Quand il s’agit d’une ascension pour soi dans les alpes, la bonne connaissance d’une voie agrémentée de quelques photos suffisent pour se faire plaisir pour prouver sa bonne foi dans la sphère privée.

 

Par contre quand il s’agit de communiquer sur une ascension médiatisée, l’ascension sort de la sphère privée et devient publique avec à la clé d’éventuels budgets d’expédition, sponsors…

 

Ou alors vous vous dites « je fais le K2 pour moi » mais un jour le téléphone sonne « Bonjour c’est surprise, surprise…non ! TF1, nous voudrions faire un reportage au 13h00 sur vous », là qu’est ce que vous faites ? « Je raccroche » pensez vous, et non !« Et quand ?» avec J.P Pernod « Oui, bien sur !» et là, vous avez mis le pied dans l’engrenage : maintenant il va falloir prouver ce que vous racontez !

 

Les Alpes et les ascensions « chronos » :

Bon nombre d’ascensions médiatisées dans les alpes sont fiables, je pense particulièrement à celles de J.C Lafaille, Patrick Berhault et Magin, Destivel aux Grandes Jorasses etc.. Toutes ces ascensions ont été couvertes par hélicoptère, téléobjectif du pied de la paroi, vidéos…

Par contre faire l’ascension d’une voie technique ou d’un 8000 sans témoins, en annonçant comme aux J.O un temps chronos sans documents « directs » et communiquer votre performance aux médias, c’est s’exposer à entretenir le doute…

La notoriété :

Cela peut aider, et « Machin » de se voir créditer malgré lui, et dans la presse, d’un sommet qu’il n’a pas fait, c’est gênant…

 

Le cas particulier des expéditions en altitude, Himalaya, Alaska…:

C’est là que tout ce complique, le journaliste du « Dauphiné Libéré » ne peut pas venir au camp de base avec son téléobjectif.

Le mieux c’est d’avoir des témoins : « Si des japonais que vous connaissez que depuis quelques jours affirment que vous étiez au sommet avec eux » c’est que cela doit être vrai.

 

Si vous êtes seul…:

Il existe  des dispositifs  récents permettant le “tracking” par GPS comme le dispositif SPOT, et proposant même le suivi sur Google Maps. On peut suivre en temps réel une ascension sur Google Maps, voir un exemple :

http://www.spotadventures.com/trip/view?trip_id=168600

La vidéo reste aussi un excellent moyen.

Préférez un appareil photo argentique à un numérique qui vous permettra d’avoir les négatifs.

 

les ascensions Chrono en Himalaya :

” Annoncer un Chrono sur un 8000 sur sa seule parole en étant seul dans la montagne, sans vidéos ou photos du sommet, tout en sachant  qu’il y a aujourd’hui des “trakker GPS” qui permettent le suivi en quasi direct, j’avoue que c’est assez déroutant.”

Il existe des courses de vitesses en altitude comme la “Khan Tengri Speed Race”.  Il y a des organisateurs répartis sur le parcours pour pointer les concurrents, et quand le compétiteur arrive au sommet il doit tirer un fusée…Il ne peut dans ce cas y avoir aucun doute sur la performance.

 

Mais encore…

Après si quelqu’un qui vous dit qu’il a fait seul le sommet du K2 et qu’il n’a pas de photos, pas de vidéo et qu’il vous demande de le croire, c’est à vous de voir si vous faite confiance a ses déclarations, si il a été vu partant de l’épaule du K2 ou l’on peut voir les grimpeurs évoluer presque jusqu’au sommet, c’est déjà un bon point.

 

Cela me rappelle : un ami me dit qu’il a vu un article dans la presse à propos de quelqu’un qui prétendait avoir fait le sommet du K2, et résident à coté de chez moi…Je prend contact avec ce fameux « Marc », qui m’explique son ascension rocambolesque et irrationnelle.

Pas de chance pour lui, je connais un leader d’expédition se trouvant au camp de base du K2 cette année là, je prends contact avec le leader qui me dit qu’il n’a jamais rencontré ce « marc »…

 

Tout ça image bien la complexité des situations et qu’il n’est pas toujours possible d’avoir des centaines de témoins, un équipe de tournage en plein jour ….

 

Il est clair que l’homme seul aura plus de difficulté à prouver ses dires, il est possible d’arriver au sommet de l’Everest à un moment de la journée ou il n’y a que vous, vous sortez votre appareil photo de votre poche et vous n’avez plus de batterie (problème courant chez les numériques soumis au froid), au retour au camp de base vous déclarerez avoir fait le sommet : ce sera vrai ou pas…

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